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  • CHRONIQUE N°27: Lettre à "BONPA",Au ROI, à mes "COLLEGUES" BELGES

    Mon Cher Bonpa, « Notre Roi »,

    Tes petits-enfants t’ont toujours appelé ainsi, gentiment, car tu es très bon et que tu ressembles aux photos sur les timbres et aux images imprimées sur les couvercles des boîtes vides, abandonnées sur les étagères de la cuisine.

    Il y a un certain temps que je n’ai plus pris la peine de t’écrire. Mais aujourd’hui, je ne peux m’en empêcher. Je t’écris de la part de tous tes petits-enfants (kleinkinderen me signale Arno). Nous sommes très tristes. Les derniers dîners de famille (plus à l’occasion des mariages mais surtout des anniversaires, plus rarement des communions) virent au psychodrame. Tontons Elio et Didier et Tante Joëlle se disputent tout le temps. Pas pour du beurre ! Entre eux, depuis longtemps, on le savait. Ils ne partagent pas les mêmes idées.
    Ils parlent toujours dans le dos de celui qui est absent.

    Mais aujourd’hui, c’est plus grave. Avec « onze ooms et tantes », c’est encore pire. Questions "d'’héritage « ?Successierechten ? Erfenis ? « Je ne sais pas trop. Des mots qu’ils hurlent et que l’on entend de loin.

    Nous constatons que les tensions augmentent. Les bagarres sont fréquentes. On comprend plus. Ils veulent bien venir aux fêtes mais après quelques heures, ils crient, ils boudent et ils restent dans leur coin. Ils se critiquent tout le temps. « Tu n’as pas le droit à ma propriété. Au plus, je vous tolère un droit de passage ! » a dit très fâché Bart. Tu sais celui qui fait semblant de s’entendre avec Oom Yves. Comme ils tiennent le même magasin, ce n’est pas évident. Bart a ajouté, rouge de colère : « Que s’il partait, ce serait sa faillite ! ». Oom Yves a les yeux tout cernés. A cause de cela, d’autres frères ne l’aideraient plus. « Quand vous étiez plus jeunes, vous profitiez de nous. Maintenant on veut notre part. » disent-ils tout le temps. Je traduis peut-être mal car ils l’ont dit en flamand.

    Pour détendre l’atmosphère, ils ont même récité, en bruxellois, la Cigale et la Fourmi. Personne n’a rigolé ; Cela n’arrête pas. Nous, pendant ce temps-là, on est bien obligé de mettre la table, cuisiner et même nettoyer les plats. Pour manger, on est obligé de faire des petits jobs car ils ont toujours oublié de nous donner un peu d’argent, même de poche. En plus, il n’y a plus de lave-vaisselle. Trop Cher. « Te duur. » De toutes façons, il n’y a plus de vaisselles. Des couteaux, c’est tout !

    Je sais que quand ils vont chez toi, c’est toujours les uns après les autres. Ils s’évitent. On sait qu’ils te mentent parfois. Tu n’es pas au courant de tout. On voudrait que pour une fois vraiment « tu t’énerves ». Tu dois taper des poings sur la table. Comme dans les films de John Wayne. Ou alors. C’est une autre de nos idées ; les enfermer dans ta belle résidence - qui je sais mérite des travaux d’entretien- et les autoriser à en sortir quand tout est en ordre.

    Je ne veux pas médire, mais une fois, un soir, ils ont dit qu’ils se partageraient les ailes de ton château et de ton grand parc. Il a même été question de t’envoyer dans une autre maison. En Espagne ou Italie, je ne sais plus. « Bonpa a assez d’argent. » Méchants qu’ils étaient! On a même cité, comme dans le film de Tchernia, le terme de "Viager". Je ne sais pas très bien ce que c’est .Mais là, ils ont presque tous rigolé.

    On est sérieux. Tu ne peux pas – mais fort - leur tirer les oreilles ? On te propose de réunir un Conseil de famille. Pour t’aider, on a encore une vraiment bonne idée. Tu devrais préparer cette rencontre, en laissant du temps, à nos oncles et tantes plus éloignés - ceux qui vivent en Senatland (je ne sais pas s’il faut deux « a », je me trompe toujours) - de te donner un coup de main. Ils sont plus sages. Et au train où ils vont, ils seront plus sereins pour trouver une solution. Pendant ce temps là, nos parents penseront peut-être à s’occuper de nous et redonner l’argent de poche qui nous manque beaucoup. On a envie de s’amuser. « Ras le bol » excuse l’expression, de subir les querelles et de pallier (mot que j’ai découvert dans le journal) aux manques d’attention.

    Je te signale que même dans la rue, les voisins après s’être moqués, commencent à s’inquiéter. « Mauvais traitements ! » , je te jure. Dans la grande propriété du coin, Monsieur Sarko (il a de la chance, il travaille pour 6 mois à l’Europe. Tu devrais voir sa montre, oufti ! ) et Carla, sa femme (Elleest très heureuse, elle chante tout le temps) jettent toujours un coup d’œil à la fenêtre quand ils voient les voitures se garer. Un jour, il a dit « J’ai déjà vu ça ! », comme le commandant Turbo de la Bardaf dans « Natacha ». Avant que son avion ne s’écrase. Même que Walter, le steward, a eu très peur. Je l’aime bien, Walter. Il me ressemble : il est gentil, il aide les gens mais il peut s’énerver. Monsieur Sarko a ajouté que des gens de notre famille plus éloignés- un peu plus égoïstes, c’est vrai - lui ont demandé de les abriter chez lui. Vu que sa maison est très grande. Cinquante fois plus que la tienne, tu imagines ! Nous on ne l’aime pas trop .On n’a pas très envie de vivre chez lui.

    Alors, peux-tu nous aider ?

    C’est plus la même chose depuis que nos amis Brel , celui qui a des grandes dents et un drôle d’accent, et Magritte , le peintre au chapeau melon, ne sont plus là, Eux ,quand ils venaient dire bonjour pendant les repas , -on les invitait tout le temps- nous faisaient bien rigoler. Ils arrivaient toujours à montrer que nos disputes n’étaient pas sérieuses et qu’on devait rire « sur nous-même ». « Surréaliste ! » , ils disaient. Ils sont malheureusement plus là !

    Je t’écris de ma chambre, en dessous du lit, à la lueur de ma lampe de poche. Sinon, ils vont me gronder. « On est des nains !« : disent-ils quand on veut se mêler de leur discussion. Nous ne savons même pas si on va pouvoir passer de bonnes vacances.
    « Ik heb er schon genoeg van.” “Het beu » comme a dit mon cousin Jean Luc de Vilvorde. avant de partir en claquant la porte et élever des magnifiques coqs.


    Bonjour à Mamy .
    A nos oncles et nos tantes qu’on ne voit plus depuis longtemps. Ils restent toujours près de toi ou se promènent-ils à l’étranger? A ce propos Philippe a de la chance de partir en Chine. Oom Yves devait l’accompagner mais, comme tu sais maintenant par mon courrier, son commerce marche pas fort.


    Bisous et Kussen